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GLOSSAIRE

RD Congo : les peuples, l'histoire, qui combat et pourquoi

Mis à jour le 22 octobre 2026

L'actualité de la République démocratique du Congo parle du M23, de Goma, du Rwanda et du coltan, mais explique rarement qui sont les peuples de l'est, d'où vient une guerre qui dure depuis trente ans et à qui elle profite. Cette fiche rassemble le contexte essentiel. Elle est tenue à jour : chaque modification est consignée en bas de page, avec sa date et sa source.

En bref

Terre et peuples

Le Congo occupe presque tout le bassin du fleuve Congo, couvert en grande partie par la forêt tropicale. À l'ouest, il n'a qu'un débouché de quelques kilomètres sur l'Atlantique. La capitale, Kinshasa, est sur le fleuve, à l'ouest ; les mines de cuivre et de cobalt sont au sud-est, dans l'ancien Katanga ; les terres les plus fertiles et les plus disputées sont à l'est, sur les hauts plateaux des Grands Lacs, aux frontières de l'Ouganda, du Rwanda, du Burundi et de la Tanzanie. Pour beaucoup d'habitants de l'est, Kigali et Kampala sont plus proches que la capitale.

KongoMongoLubaZande, Mangbetu, NgbandiRép. du CongoRép. centrafricaineSoudan du SudAngolaZambieTanzanieOcéan AtlantiqueCuivre et cobaltIturiKinshasaKisanganiLubumbashiKolweziGomaNord-Kivu et Sud-KivuIturiZone agrandie plus bas

L’Est : Kivu et Ituri

NandeHundeBanyarwandaNyangaShiBanyamulengeHema et LenduIturiNord-KivuSud-KivuOugandaRwandaBurundiTanzanieGomaBukavuUviraBuniaBeniRubayaKigali
En rouge, le Nord-Kivu et le Sud-Kivu ; le cercle rouge signale l’Ituri. Ce sont les trois provinces où l’on se bat. Les noms en gras ou en italique indiquent où vivent les peuples cités dans cette fiche ; les peuples de la forêt, les Pygmées, sont dispersés dans de nombreuses provinces et ne sont pas indiqués. Nous ne traçons pas les lignes de front, qui changent d’une semaine à l’autre. Le carré indique une capitale, le triangle la mine de coltan de Rubaya. Frontières : Natural Earth, qui ne montre pas encore les limites de la province de l’Ituri.

Une mise en garde sur les chiffres. Le dernier recensement de la RD Congo date de 1984, quand le pays s'appelait encore Zaïre ; un nouveau recensement est en préparation en 2026 (Al Jazeera). La population elle-même est une estimation : environ 112 millions selon la Banque mondiale (même source). Il n'existe pas de données officielles récentes sur les peuples. Les chiffres qui suivent sont de deux types, toujours indiqués :

Le pays compte environ 250 peuples et plus de 200 langues. La langue officielle est le français, mais seule une minorité le parle ; les quatre langues nationales sont le lingala (ouest et nord, langue de l'armée et de la musique), le swahili (est et sud-est), le kikongo (ouest) et le tshiluba (centre-sud) (même source).

Religion (estimation, CEFAN, cité plus haut) : catholiques environ 40 %, protestants 35 %, kimbanguistes (une Église née au Congo) 10 %, musulmans 9 %. L'Église catholique est l'un des principaux acteurs de la société civile et a mené les protestations autour des élections.

Ressources : cobalt, cuivre, coltan (dont on extrait le tantale), or, étain, diamants, bois, la forêt tropicale, le potentiel énergétique du fleuve. En 2024, le Congo a fourni 77 % du cobalt extrait dans le monde (Cobalt Institute). Les mines représentent environ 26 % du produit intérieur brut et plus de 92 % des exportations ; le premier acheteur est la Chine (IISD). La seule mine de Rubaya, au Nord-Kivu, produit environ 15 % du coltan mondial (Daily Maverick). Pourtant, la majorité de la population vit dans l'extrême pauvreté : 64 % avec moins de 2,15 dollars par jour (ALNAP, d'après les données du FSIN).

Brève histoire

Avant la colonisation. Dans le bassin du Congo naissent de grands États, comme le royaume du Kongo sur la côte atlantique et les empires luba et lunda au sud-est. Pendant des siècles, la région est frappée par la traite des esclaves, vers l'Atlantique et, au XIXe siècle, vers l'océan Indien.

Le Congo de Léopold II (1885-1908). À la conférence de Berlin de 1885, les puissances européennes reconnaissent l'« État indépendant du Congo ». Ce n'est pas une colonie de la Belgique : c'est, de fait, la propriété personnelle du roi Léopold II (San José State University). Son armée privée, la Force publique, impose aux villages des quotas de caoutchouc à livrer sans paiement ; ceux qui ne les atteignent pas sont punis, et les soldats doivent justifier chaque balle en montrant une main coupée, parfois sur des personnes vivantes (même source). Combien de personnes sont mortes, on ne le sait pas avec précision, car personne ne recensa la population avant 1924. Selon l'Encyclopædia Britannica, la population serait passée d'environ 20 à 8 millions (Britannica) ; les estimations des chercheurs sur le nombre de victimes vont de 1 à plus de 10 millions, et le débat reste ouvert (revue des estimations, Lenz). Le scandale, soulevé surtout en Grande-Bretagne, contraint le roi à céder le Congo à l'État belge (Britannica, cité plus haut).

Le Congo belge (1908-1960). Le Congo belge est gouverné par le Parlement de Bruxelles (Britannica, cité plus haut), avec les grandes compagnies minières du Katanga et les missions catholiques. En 2020 et en 2022, le roi Philippe a exprimé ses « plus profonds regrets » et reconnu que la domination coloniale reposait sur le racisme, sans toutefois présenter d'excuses formelles (The East African).

L'indépendance et Lumumba (1960-1965). Le 30 juin 1960, le Congo devient indépendant : président Joseph Kasa-Vubu, Premier ministre Patrice Lumumba. Quelques jours plus tard, l'armée se mutine et le Katanga, la province des mines, proclame son indépendance avec l'appui d'intérêts belges. En janvier 1961, Lumumba est assassiné au Katanga (The East African). En 2001, une commission parlementaire belge a conclu que certains ministres et fonctionnaires belges portaient une « responsabilité morale » dans sa mort, et en 2002 la Belgique a présenté ses excuses (Brussels Times). Jusqu'en 1965, sécessions et rébellions font au moins 500 000 morts (The East African, cité plus haut).

Mobutu (1965-1997). Le 24 novembre 1965, le général Joseph-Désiré Mobutu prend le pouvoir par un coup d'État ; en 1971, il rebaptise le pays « Zaïre » (Mail & Guardian). Régime de parti unique et anticommuniste, il est un allié de l'Occident pendant la guerre froide ; ses détracteurs le qualifient de « kleptocratie », et dans les années 1970 et 1980 le pays fait faillite (EBSCO).

1994 et les deux guerres du Congo (1996-2003). En juillet 1994, à la fin du génocide des Tutsi au Rwanda, entre 500 000 et 850 000 réfugiés, presque tous hutu, entrent à Goma en cinq jours ; dans les camps, l'ancienne armée rwandaise et les milices interahamwe responsables du génocide se réorganisent (National Academies Press). En 1996, le Rwanda et l'Ouganda soutiennent une rébellion dirigée par Laurent-Désiré Kabila, qui renverse Mobutu le 17 mai 1997 (Mail & Guardian, cité plus haut). En août 1998, Kabila rompt avec ses alliés : c'est le début de la deuxième guerre du Congo, où le Rwanda et l'Ouganda soutiennent les rebelles tandis que l'Angola, le Zimbabwe, la Namibie et le Tchad défendent le gouvernement (EBSCO). Les armées étrangères exploitent l'or, les diamants et le coltan. En janvier 2001, Kabila est tué par l'un de ses gardes du corps et son fils Joseph lui succède. Les accords de 2002-2003 mettent formellement fin à la guerre, mais pas dans l'est (même source). Le nombre de morts, surtout de faim et de maladie, est controversé : l'International Rescue Committee a estimé à 5,4 millions les décès entre 1998 et 2007 ; une révision du Human Security Report soutient que ce chiffre pourrait être jusqu'à 60 % trop élevé (Congo Research Group).

Joseph Kabila (2001-2019). En 2006 ont lieu les premières élections libres depuis l'indépendance, et Joseph Kabila les remporte (Mail & Guardian, cité plus haut). Dans l'est, les guerres continuent : en mai 2012, des officiers tutsi mutinés fondent le Mouvement du 23 mars, le M23 (même source). Le second mandat de Kabila expire en 2016, mais les élections sont reportées jusqu'en décembre 2018. Félix Tshisekedi les remporte officiellement et devient président en janvier 2019, lors de la première passation pacifique du pouvoir de l'histoire du pays (Al Jazeera).

La nouvelle guerre du M23 (depuis 2021). En 2021, le M23 reprend les armes (Al Jazeera). En avril 2024, il prend la zone minière de Rubaya (Daily Maverick, cité plus haut) ; le 27 janvier 2025, il entre dans Goma, où selon l'ONU près de 3 000 personnes meurent (VOA) ; en février, il prend Bukavu, chef-lieu du Sud-Kivu (All India Radio). En 2025, les accords se multiplient : le 27 juin, la RD Congo et le Rwanda signent un accord de paix à Washington ; le 15 novembre, le gouvernement et le M23 signent à Doha un accord-cadre ; en décembre, les présidents Tshisekedi et Kagame signent avec Trump les « accords de Washington », ainsi qu'un partenariat minier entre le Congo et les États-Unis daté du 4 décembre (Al Jazeera ; AIE). Six jours plus tard, le 10 décembre, le Rwanda et le M23 prennent Uvira (HRW). Le 30 septembre 2025, un tribunal militaire de Kinshasa condamne à mort par contumace Joseph Kabila pour trahison et crimes de guerre, l'accusant de soutenir le M23 (AP, via KSAT).

2026. En août 2026, après des pourparlers en Suisse avec les États-Unis, le Qatar, le Togo et l'Union africaine, le gouvernement et le M23 conviennent d'une feuille de route pour les négociations et d'une mission de vérification du cessez-le-feu (Al Jazeera). Les combats continuent malgré tout. À la mi-octobre, Kabila annonce à Goma le Front pour la refondation de la nation (FRN), qui remplace l'alliance politico-militaire du M23 et appelle à résister à Tshisekedi « par tous les moyens, y compris la force » (Al Jazeera). Pendant ce temps, en Ituri, une épidémie d'Ebola commencée en mai 2026 avait fait 2 911 morts au 29 août, la pire jamais enregistrée dans le pays (Africa Rivista).

Qui gouverne, et comment

La RD Congo est une république présidentielle. Félix Tshisekedi est président depuis 2019 ; son second et, selon la Constitution, dernier mandat s'achève fin 2028. La Constitution prévoit que le nombre et la durée des mandats ne peuvent pas être modifiés. En juillet 2026, la Cour constitutionnelle a pourtant validé une loi qui permet au président de changer la Constitution par une assemblée constituante et un référendum en cas de « grave dysfonctionnement » des institutions : l'opposition y voit la voie vers un troisième mandat (Africanews).

Deux instituts indépendants, de deux pays différents, arrivent à des conclusions proches :

Dans l'est, à Goma et à Bukavu, c'est de fait l'administration du M23, aujourd'hui FRN, qui gouverne, avec ses propres taxes et ses propres fonctionnaires (notre analyse).

Qui est qui

QuiQui le dirigePosition
Présidence et gouvernement, KinshasaFélix Tshisekedi, président depuis 2019Accuse le Rwanda d'agression et l'a traduit devant la Cour internationale de justice. Le gouvernement a déclaré que Kabila « n'a rien d'autre à offrir que le chaos » (Al Jazeera)
Forces armées (FARDC)Sous le commandement du présidentCombattent dans l'est avec l'aide du Burundi, des milices wazalendo et, selon les experts de l'ONU, des FDLR (Africanews). Accusées d'exactions contre les Tutsi banyamulenge (HRW, via notre analyse)
Wazalendo (« patriotes » en swahili)De nombreux chefs locauxMilices locales, souvent nées comme groupes maï-maï d'autodéfense, armées et payées par le gouvernement contre le M23. Accusées de viols et d'extorsions (même source)
M23 / AFC, depuis octobre 2026 FRN, Goma et BukavuJoseph Kabila ; coordinateur Freddy Kaniki (Al Jazeera)Mouvement né en 2012 d'officiers tutsi congolais, allié depuis 2023 à des responsables politiques de l'opposition. Contrôle l'essentiel du Nord et du Sud-Kivu et les mines de Rubaya. Dit protéger les Tutsi congolais et combattre les FDLR
Forces de défense du Rwanda (RDF)Paul Kagame, président du RwandaSelon les experts de l'ONU, jusqu'à 6 000 soldats rwandais se trouvaient au Kivu début 2025 et le Rwanda exerçait un « contrôle direct » sur le M23 (Africanews, cité plus haut). Kigali nie avoir des troupes au Congo et accuse Kinshasa d'armer les FDLR. Sanctionnées par les États-Unis le 2 mars 2026 (HRW)
FDLR (Forces démocratiques de libération du Rwanda)—Groupe armé hutu rwandais, en partie héritier des responsables du génocide de 1994. Pour le Rwanda, elles sont la menace qui justifie sa présence ; les experts de l'ONU affirment que l'armée congolaise les utilise comme force supplétive (Africanews, cité plus haut)
BurundiÉvariste Ndayishimiye, présidentEnviron 10 000 soldats au Sud-Kivu aux côtés de l'armée congolaise depuis 2023, y compris contre les rebelles burundais de RED-Tabara, que le Burundi accuse le Rwanda de soutenir (EWN, d'après l'AFP)
ADF (Forces démocratiques alliées)—Nées de rebelles ougandais, affiliées à l'État islamique. Commettent des massacres de civils en Ituri et au Nord-Kivu : 43 morts à Bafwakoa le 1er avril 2026 (Al Jazeera). Depuis 2021, l'Ouganda et le Congo les combattent ensemble (même source)
MONUSCOMission de l'ONUHéritière de la mission prévue par les accords de Lusaka de 1999 ; son mandat a été prorogé jusqu'au 20 décembre 2026 (Le360). En 2026, elle a apporté un soutien logistique à la mission de vérification du cessez-le-feu (Al Jazeera)

D'où vient le conflit

Nous reprenons les quatre niveaux de notre article « Les guerres du monde sont-elles "musulmanes" ? ». Ici, la religion ne joue presque aucun rôle : la grande majorité des combattants est chrétienne, et le seul groupe qui arbore un drapeau religieux, l'ADF, mène une guerre à part.

Le terrain : un État immense et absent. Les frontières du Congo sont celles tracées à Berlin en 1885. Le pays est né comme une entreprise d'extraction : caoutchouc et ivoire pour Léopold, cuivre et diamants pour les compagnies belges, cobalt et coltan aujourd'hui. Sur un territoire aussi vaste, l'État n'est jamais vraiment arrivé dans l'est : qui contrôle une mine peut payer une milice. La frontière avec le Rwanda, en outre, sépare des peuples qui parlent la même langue, et les Belges ont déplacé des dizaines de milliers de Rwandais au Kivu (Minority Rights Group, cité plus haut).

Cela n'absout pas les gouvernements qui ont suivi. Mobutu a vidé l'État pour s'enrichir ; les gouvernements de Kinshasa ont traité pendant des décennies la citoyenneté des Banyarwanda comme une arme politique : accordée en 1972, retirée par la loi de 1981, redéfinie sur une base ethnique en 2004 et en 2006 (même source) ; et aujourd'hui ils arment des milices qui, selon l'ONU, commettent à leur tour des crimes.

L'étincelle : 1994. Le génocide des Tutsi au Rwanda a exporté la guerre au Congo. Les camps de réfugiés de Goma abritaient à la fois des civils et des auteurs du génocide ; le nouveau gouvernement rwandais les a considérés comme une menace et a envahi le Congo en 1996. Depuis, chaque cycle de guerre dans l'est reprend les mêmes thèmes : les Tutsi congolais qui se sentent menacés, les Hutu armés que le Rwanda veut neutraliser, les peuples locaux qui voient dans les uns comme dans les autres des étrangers qui prennent la terre.

Le drapeau : autodéfense et souveraineté. Chacun combat au nom d'une protection. Le M23 dit défendre les Tutsi congolais ; le Rwanda dit se défendre contre les FDLR ; Kinshasa et les milices wazalendo disent défendre la souveraineté nationale contre un envahisseur. Selon les experts de l'ONU, pourtant, l'objectif du Rwanda en 2025 était de conquérir du territoire plutôt que de neutraliser les FDLR (Africanews, cité plus haut) ; et selon la mission d'enquête de l'ONU, toutes les parties, y compris l'armée congolaise, ont commis de possibles crimes de guerre (notre analyse).

Le multiplicateur extérieur : les minerais. Une guerre qui dure depuis trente ans a besoin d'argent et d'armes. Au Kivu, l'argent vient surtout des mines. La section suivante documente qui achète, qui transporte et qui négocie l'accès à ces minerais.

À qui profite le conflit

Nous documentons des intérêts déclarés ou vérifiables, pas des mobiles. Si un acteur dément, nous le disons.

Le Rwanda et le M23. Selon les experts de l'ONU, l'engagement militaire a donné au Rwanda un accès aux minerais, aux terres agricoles et une influence politique dans l'est du Congo (Africanews, cité plus haut). Le M23 prélève une taxe de 15 % sur la valeur du coltan acheté aux creuseurs de Rubaya ; selon les enquêteurs de l'ONU, le minerai passe par Goma et Bukavu jusqu'au Rwanda, où il est mélangé au coltan rwandais pour en masquer l'origine avant d'être exporté vers l'Asie (Daily Maverick, cité plus haut). Les exportations minières du Rwanda sont passées de 772 millions de dollars en 2022 à 1,1 milliard en 2023, et un chercheur de l'International Peace Information Service affirme que la géologie du Rwanda ne lui permet pas d'extraire autant qu'il exporte (Euronews). Kigali nie soutenir le M23.

Le gouvernement de Kinshasa utilise les mêmes ressources comme monnaie diplomatique. En décembre 2025, il a signé avec les États-Unis un partenariat stratégique qui donne aux entreprises américaines un droit de première offre sur les projets miniers stratégiques et sur les minerais exportés, et prévoit d'orienter vers le corridor de Lobito, en Angola, une part croissante des exportations de cuivre et de cobalt (AIE). Des avocats congolais ont déposé un recours constitutionnel contre cet accord qui, selon eux, aurait dû être approuvé par le Parlement (notre analyse).

Les États-Unis ont servi de médiateurs pour les accords de paix et, en même temps, pour l'accord minier : Trump a déclaré que les États-Unis obtiendraient « beaucoup de droits miniers » du Congo (même source). Ils ont aussi sanctionné l'armée rwandaise, le 2 mars 2026 (HRW, cité plus haut).

La Chine est le premier acheteur des minerais congolais : le cobalt des mines détenues par des intérêts chinois est raffiné en Chine (IISD, cité plus haut). Le grand accord « infrastructures contre minerais » de 2008, renégocié en 2024, prévoit environ 7 milliards de dollars de routes et d'ouvrages publics en échange du cuivre et du cobalt de la coentreprise Sicomines, contrôlée à 68 % par des entreprises chinoises (Mining.com, d'après Reuters). Selon une analyse indépendante, la Chine vend des armes à la fois au Rwanda et à l'armée congolaise (voir « Minerais contre sécurité »).

L'Union européenne a signé en février 2024 un protocole d'accord avec le Rwanda pour sécuriser ses approvisionnements en matières premières critiques, dont le tantale, et a destiné au Rwanda plus de 900 millions d'euros du programme Global Gateway. La Belgique a demandé la suspension de l'accord ; la Commission a répondu qu'il sert justement à rendre les minerais traçables (Euronews, cité plus haut).

L'Ouganda et le Burundi. Pendant la deuxième guerre, l'Ouganda a occupé l'Ituri et ses exportations d'or ont plus que doublé (HRW, cité plus haut) ; aujourd'hui, il combat l'ADF en territoire congolais aux côtés de l'armée de Kinshasa. Le Burundi combat au Sud-Kivu aussi pour frapper ses propres rebelles (EWN, cité plus haut).

Kabila et l'opposition armée. Kabila a gouverné pendant 18 ans ; aujourd'hui, condamné à mort, il a rejoint la rébellion armée. Son parti qualifie la condamnation de politique (AP, cité plus haut). La guerre décide aussi de qui gouvernera Kinshasa après 2028.

Qui intervient de l'extérieur

Le coût humain. Personne ne compte les morts de la guerre en cours. Lors de la seule prise de Goma, en janvier 2025, près de 3 000 personnes sont mortes (VOA, cité plus haut). Les déplacés internes sont 5,6 millions et les réfugiés congolais dans les pays africains 1,25 million (HCR, données de février-mars 2026). Plus de 26,5 millions de personnes, près d'un Congolais sur quatre, ne parviennent pas à couvrir leurs besoins alimentaires de base, selon l'IPC (FAO et PAM). Le plan humanitaire de l'ONU pour 2026 demande 1,4 milliard de dollars pour 7,3 millions de personnes, sur près de 15 millions qui ont besoin d'aide (OCHA).

Droit international

Les traités. Selon la base de données de l'Université du Minnesota (HRL Minnesota) et la Cour pénale internationale, la RD Congo :

Le Rwanda, l'Ouganda et le Burundi sont liés par le droit international comme le Congo ; le M23, l'ADF et les milices, en tant que groupes armés, sont liés par le droit humanitaire comme les armées.

**La Cour pénale internationale.** Le Congo a déféré sa propre situation à la Cour en 2004. Les condamnations prononcées jusqu'ici concernent toutes l'Ituri de 2002-2003 : Thomas Lubanga (2012, 14 ans, pour les enfants soldats), Germain Katanga (2014, 12 ans) et Bosco Ntaganda (2019, 30 ans). Le mandat d'arrêt contre Sylvestre Mudacumura, chef militaire des FDLR, émis en 2012, n'a jamais été exécuté (CPI). Sur les crimes commis au Nord-Kivu depuis 2022, le procureur a ouvert un examen à la demande du gouvernement congolais lui-même (notre analyse).

**La Cour internationale de justice.** Il existe un précédent direct. En 2005, la Cour a jugé que l'Ouganda avait violé l'interdiction du recours à la force en occupant l'Ituri et en soutenant des groupes armés ; en 2022, elle l'a condamné à payer 325 millions de dollars, en cinq versements de 65 millions : 225 pour les dommages aux personnes, 40 aux biens, 60 aux ressources naturelles pillées, dont l'or, les diamants et le bois (ONU Genève). Le 26 juin 2026, la RD Congo a saisi la Cour contre le Rwanda, l'accusant de trente ans d'exactions dans l'est, de 1996 à aujourd'hui (Jurist). L'affaire vient à peine de commencer : aucune responsabilité n'a été établie. Nous en avons parlé dans « La RDC porte le Rwanda devant la Cour internationale de Justice ».

Les responsabilités des autres. Le droit international ne concerne pas seulement ceux qui combattent :

Chronologie

AnnéeFait
Avant 1885Royaumes du Kongo, luba et lunda ; traite des esclaves vers l'Atlantique et l'océan Indien
1885Conférence de Berlin : naissance de l'État indépendant du Congo de Léopold II
1908Le Congo devient une colonie belge
1960Indépendance (30 juin) ; sécession du Katanga
1961Assassinat de Patrice Lumumba
1965Coup d'État de Mobutu (24 novembre)
1971Le pays devient le « Zaïre »
1981Loi sur la nationalité : les Banyarwanda perdent leur nationalité
1994Génocide au Rwanda ; des centaines de milliers de réfugiés hutu à Goma
1996-1997Première guerre du Congo ; Laurent-Désiré Kabila renverse Mobutu
1998-2003Deuxième guerre du Congo, avec jusqu'à neuf armées étrangères
2001Assassinat de Laurent-Désiré Kabila ; son fils Joseph lui succède
2004Le Congo défère sa propre situation à la CPI
2005La CIJ condamne l'Ouganda pour l'occupation de l'Ituri
2006Premières élections libres
2012Naissance du M23
2019Tshisekedi président
2021Le M23 reprend les armes
2022La CIJ fixe à 325 millions de dollars les réparations de l'Ouganda
2024Le M23 prend Rubaya (avril) ; protocole UE-Rwanda sur les minerais (février)
2025Le M23 prend Goma (janvier) et Bukavu (février) ; accords de Washington (juin, décembre) et de Doha (novembre) ; Kabila condamné à mort (septembre) ; prise d'Uvira (décembre)
2026Sanctions américaines contre l'armée rwandaise (mars) ; Ebola en Ituri (mai) ; requête devant la CIJ contre le Rwanda (juin) ; loi sur le référendum (juillet) ; feuille de route convenue en Suisse (août) ; Kabila à la tête du FRN (octobre)

Registre des modifications

Sources : Al Jazeera · CEFAN, Université Laval · Minority Rights Group · HRW · Cobalt Institute · IISD · Daily Maverick · ALNAP, d'après les données du FSIN · San José State University · Britannica · revue des estimations, Lenz · The East African · The East African · Brussels Times · Mail & Guardian · EBSCO · National Academies Press · EBSCO · Congo Research Group · Al Jazeera · Al Jazeera · VOA · All India Radio · Al Jazeera · AIE · HRW · AP, via KSAT · Africa Rivista · Africanews · Freedom House · V-Dem · Africanews · EWN, d'après l'AFP · Al Jazeera · Le360 · Al Jazeera · Euronews · Mining.com, d'après Reuters · Al Jazeera · HCR · FAO et PAM · OCHA · HRL Minnesota · CPI · ONU Genève · Jurist

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