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RD Congo : l'accord de paix de Washington n'a pas stoppé les tueries de civils dans l'est

Juillet 2026

« Je suis consterné par les attaques contre les civils malgré le cessez-le-feu signé à Doha. » — Volker Türk, Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l'homme

Les faits

Le 27 juin 2025, la RD Congo et le Rwanda ont signé à Washington, sous médiation américaine, un accord de paix bilatéral. Le 19 juillet 2025, le gouvernement congolais et la direction du mouvement rebelle M23 ont signé à Doha un engagement de cessez-le-feu. Le 4 décembre 2025, les accords de Washington ont formalisé cet engagement (Amnesty International, HRW World Report 2026, consultés en juillet 2026). Le 10 décembre 2025 — six jours plus tard — les forces rwandaises et le M23 ont lancé une offensive au Sud-Kivu, s'emparant de la ville d'Uvira ; le M23 ne s'en est retiré qu'en janvier 2026, après une demande diplomatique américaine (Global Centre for R2P, consulté en juillet 2026).

Dans la même période, le Haut-Commissariat de l'ONU aux droits de l'homme (OHCHR) a documenté qu'entre le 9 et le 21 juillet 2025, au moins 319 civils ont été tués par le M23, appuyé par des membres des forces armées rwandaises (RDF), dans le territoire de Rutshuru — parmi les victimes, 48 femmes et 19 enfants, en majorité des paysans surpris dans leurs champs pendant les semailles (UN News, OHCHR, consultés en juillet 2026). Human Rights Watch a documenté séparément l'exécution sommaire de plus de 140 civils, en majorité hutus, dans au moins 14 villages en juillet 2025, dans le cadre d'une campagne du M23 contre les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR — groupe armé hutu rwandais, dont certains membres historiques ont participé au génocide de 1994) (HRW, consulté en juillet 2026). Un rapport HRW du 10 juin 2026 documente en outre le recrutement forcé et la détention arbitraire de milliers de civils — dont des enfants de 12 ans — dans les camps d'entraînement de Rumangabo et Tshanzu, tenus par le M23 et les RDF entre 2024 et décembre 2025, avec exécutions sommaires de ceux qui tentaient de s'enfuir (HRW, consulté en juillet 2026).

Les violations ne sont pas unilatérales. La mission d'établissement des faits de l'ONU elle-même, créée par le Conseil des droits de l'homme en février 2025, a conclu que toutes les parties — M23, RDF, armée congolaise (FARDC) et coalition progouvernementale Wazalendo — ont commis des violations pouvant constituer des crimes de guerre ou des crimes contre l'humanité. Amnesty International documente des viols collectifs commis à la fois par le M23 et par les Wazalendo au Nord et au Sud-Kivu ; Human Rights Watch documente des exactions des FARDC et des Wazalendo contre la minorité tutsie banyamulenge — tueries, attaques de villages, extorsions — tandis que l'armée congolaise a continué à fournir armes et soutien financier à ces mêmes milices Wazalendo (HRW World Report 2026, Amnesty International, consultés en juillet 2026). Au 10 juillet 2026, selon le think tank Critical Threats, les combats se poursuivent à la frontière entre les territoires de Masisi et Walikale malgré les accords de paix formellement en vigueur.

Le Rwanda nie à plusieurs reprises l'implication de ses propres forces armées dans les tueries documentées par l'ONU (déclaration du 11 août 2025) ; l'Alliance Fleuve Congo, coalition politico-militaire dont fait partie le M23, a rejeté les accusations de l'ONU le 7 août 2025. Le Rwanda justifie son soutien au M23 par la présence sur le territoire congolais des FDLR.

Commentaire juridique

Le conflit relève de l'article 3 commun aux Conventions de Genève ; l'implication documentée des forces armées rwandaises (RDF) aux côtés du M23 soulève en outre des questions de droit des conflits armés internationaux, et non plus seulement internes. Le recrutement d'enfants de 12 ans documenté par HRW relève du champ de la Convention relative aux droits de l'enfant et de son Protocole facultatif sur les enfants soldats. La Cour pénale internationale a ouvert un examen préliminaire sur les crimes commis au Nord-Kivu depuis janvier 2022, à la demande du gouvernement congolais lui-même, en juin 2023 — un examen toujours ouvert sans développement public récent.

Implications — le test de symétrie

Ici le test ne nécessite aucune reconstruction : il tient par construction, car ce n'est pas ce site qui l'établit mais la mission d'établissement des faits de l'ONU, qui a imputé de possibles crimes de guerre à toutes les parties en cause — le M23 et les forces rwandaises qui le soutiennent, mais aussi l'armée congolaise et les milices Wazalendo que le gouvernement de Kinshasa arme et finance. Aucune des parties n'en sort indemne, et c'est l'ONU elle-même qui le dit, non une reconstruction faite par ce site.

Sources : Global Centre for R2P · Human Rights Watch · Amnesty International · UN News / OHCHR · Critical Threats

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